mardi 15 mai 2018

Alyssia, ma femme (9)


Elle s’était occupée de tout.
– C’est pas plus mal que t’aies la surprise…
Avait choisi le point de chute.
– Tu verras… Au calme. En pleine campagne. Mais à proximité d’une grande ville quand même. Qu’on puisse sortir si on a envie. Aller visiter des trucs.
Et préparé les valises.
– On est opérationnels. Il y a plus qu’à embarquer. Demain matin. Aux aurores. Mais avant… je peux te demander quelque chose ? Seulement te sens pas obligé. Faut que tu me dises carrément. Ça t’embêterait s’il venait Benjamin ?
– Avec nous ? En vacances ?
– Ça, c’est pas possible, non. Il y a sa femme. Et ses enfants. Non. Ici, ce soir. Parce que faut pas trop que j’y compte qu’il réussisse à se libérer, à ce qu’il m’a dit. Et je vais pas le voir d’un moment, du coup.
– Évidemment qu’il peut venir !
Elle m’a sauté au cou.
– T’es un amour !
A tapé un SMS en toute hâte. Et s’est engouffrée dans la salle de bains.

On a attendu tous les deux, de concert, devant une bière, qu’elle en ressorte.
– Ce qui, la connaissant, risque de prendre un certain temps.
Il a reposé son verre.
– C’est pas sûr, mais peut-être qu’elle va appeler.
– Hein ? Qui ça ?
– Séverine. Ma femme. Elle a tiqué ce soir. Pour la première fois, elle a vraiment tiqué. Faut dire aussi qu’il y a de quoi. Parce que c’est bien beau les soi-disant compétitions sportives, à l’autre bout de la France, que je ne voudrais louper pour rien au monde et qui m’obligent à dormir sur place, mais il arrive forcément un moment où ça devient suspect. Et là, j’ai vraiment senti qu’il fallait que j’allume des contre-feux. De toute urgence. Alors j’ai prétendu que j’allais passer la soirée chez un copain. Qu’on avait des choses à régler tous les deux. Pour le club de hand. Le plus rapidement possible. Et je lui ai laissé ton fixe. Au cas où elle aurait besoin de me joindre. Vu que mon portable – ce qui est vrai – est tombé en rade ce matin. Alors si ça sonne, – ce qui m’étonnerait, mais bon, on sait jamais – vaut mieux que ce soit toi qui répondes plutôt qu’Alyssia.

Qui a justement fait son apparition en petite nuisette transparente. Dessous, elle était entièrement nue.
Il a souri.
– Décidément, tu fais une allergie aux culottes en ce moment.
Elle n’a pas répondu. Elle est allée s’asseoir sur ses genoux. A enfoui sa bouche dans ses cheveux.
Je me suis discrètement éclipsé. Pour revenir aussitôt, par derrière, sans bruit, sur la terrasse. La porte-fenêtre était grande ouverte. La lumière, au-dessus du canapé, allumée. J’avais le son et l’image. Et j’étais à trois mètres d’eux.
Il lui a caressé la jambe. La cuisse. Est remonté plus haut. Encore.
Elle l’a doucement repoussé.
– Ça va être long un mois.
– On s’appellera.
– Et on se verra.
– J’essaierai.
– Oh, non, me dis pas ça, Benjamin ! Me dis pas ça ! Il faut qu’on se voie. Je pourrai jamais tenir, moi, sinon. J’ai trop envie de toi.
Il s’est réapproprié sa cuisse.
– Mais oui, on se verra.
– Quand ?
– Dès que je pourrai.
– Promis ?
– Mais oui !
Ses lèvres sur elle. Sur son cou. Ses épaules. La nuisette a volé. Sur ses seins. Dont il a englouti l’une après l’autre les pointes. Elle a renversé la tête en arrière. Fermé les yeux. Il est descendu. Sa chatte. Il s’en est approché. Éloigné. Y est revenu. S’y est posé. Elle a gémi.
– Benjamin… Oh, Benjamin…
Le téléphone.
Je me suis précipité.
– Allô ! Oui ?
– C’est moi, Claire. Ça va ?
Ça allait, oui.
– On dirait pas. T’as une de ces voix. Je dérange, hein, c’est ça ?
– Un peu, oui.
– Vous étiez en train de baiser, j’parie ! Désolée. Je rappellerai. Amusez-vous bien en attendant !
Et elle a raccroché.
– C’était ta sœur.
– Qu’est-ce qu’elle voulait ?
– Rien. Rien de spécial. Discuter, apparemment.
Elle a haussé les épaules. Et j’ai regagné mon poste d’observation, sur la terrasse.

À elle. À son tour. Elle s’est agenouillée. Penchée sur sa bite dressée. Y a fait courir ses lèvres tout du long. De bas en haut. De haut en bas. A emprisonné la peau des couilles entre ses dents. En a happé une. A décalotté le gland qu’elle a agacé, du bout du pouce. Qu’elle a fini par engloutir. Les mains enfouies dans ses cheveux, il la pressait éperdument contre lui.
Elle s’est brusquement interrompue. A relevé la tête.
– Je continue ? T’as envie comme ça ?
Il a fait signe que non. Non.
– Oui. C’est dans ma chatte que tu veux, hein ? Eh ben, viens !
Et elle s’est mise en position. À quatre pattes. Le front sur la moquette. Les fesses en l’air.
Il l’a pénétrée d’un coup.
– Oui, Benjamin, oui. Bien à fond. Je suis ta femelle. Je suis ta chatte. Jouis ! Jouis ! Bourre-moi bien !
Ce qu’il a fait dans un grand râle qu’elle a accompagné d’une rafale de petits couinements satisfaits.

Dans le lit, après, elle est venue se blottir contre moi.
– Hou là ! J’ai eu ma dose ce soir.
– Comme souvent, non ?
– Plus encore que d’habitude. Peut-être parce que je savais qu’on allait pas se voir d’un moment. Ou bien alors…
– Oui ?
– Parce que tu pouvais voir ajourd’hui. Pas seulement entendre.
– Et je m’en suis pas privé.
– Ça, j’me doute. Mais pourquoi t’es pas resté ? Avec nous ? À côté ?
– Je sais pas, je… Pour pas vous gêner. Je voulais pas m’imposer.
– T’aurais mieux vu de tout près. Et puis moi, j’aurais pu te voir regarder.

4 commentaires:

  1. Ils commencent à plonger ensemble dans le candaulisme.

    Ensemble, je trouve ça bien. Et puis ils en parlent, ça aussi c'est bien.

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  2. Ils vont être, au fil du temps, de plus en plus complices.

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  3. Ce qui peut être une qualité ou un défaut, c'est selon…

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