mardi 10 juillet 2018

Alyssia, ma femme (17)


Je me suis empressé, aussitôt rentré, de donner rendez-vous à Séverine, la femme de Benjamin.
– Vous allez avoir la surprise, un de ces quatre matins, de me voir arriver en compagnie de votre mari.
– Ah, parce que c’est vous ! Il m’a effectivement parlé d’un pote avec qui il faisait plein d’activités. Qu’il tenait absolument à me présenter. Et c’est vous ! Il manque vraiment pas d’air.
– C’est moi, oui !
– Eh ben, si je m’attendais à ça ! Quoique… plus ça va et plus je me dis que rien ne l’arrête, qu’il n’a aucun respect de quoi que ce soit. La preuve ! Non, mais faut quand même être particulièrement retors, avouez, pour aller copiner comme ça avec le mari de sa maîtresse.
– Il doit avoir une petite idée derrière la tête.
– Le connaissant, ça fait pas l’ombre d’un doute. Toute la question est de savoir laquelle. Une chose est sûre, en tout cas, c’est qu’il doit allègrement se délecter, quand il est avec vous, de l’idée qu’il se tape votre femme derrière votre dos. C’est comme, franchement, me faire vous rencontrer, c’est un peu, d’une certaine façon, m’exhiber sa maîtresse sous le nez à mon insu, non ? Vous trouvez pas ? Ah, il doit bien rigoler en son for intérieur de nous manœuvrer tous les deux comme il nous manœuvre.
– Sauf qu’on n’est pas dupes. Alors qui c’est qui tire les ficelles, en réalité, au bout du compte ?
– Lui quand même. Parce qu’il arrive à ses fins. Et qu’il nous fait cocus. L’un comme l’autre.
– Oui, alors, si je vous comprends bien, vous voudriez qu’on siffle la fin de la récréation ?
– Je sais pas. J’en sais rien. Ce qu’il y a, par contre, c’est qu’avec le recul, je me demande si on n’a pas eu tort finalement. Si on n’aurait pas dû mettre les pieds dans le plat dès le début. Empêcher tout ça de prendre de l’ampleur.
– On les aurait braqués. Et sans doute définitivement perdus.
– On les a perdus de toute façon. Parce que je sais pas vous, mais moi, je suis devenue complètement transparente à ses yeux. Alors il y a des moments, il me vient une de ces furieuses envies de ruer dans les brancards. De déclencher quelque chose. N’importe quoi. Pour qu’il me voie. Pour que j’existe. Et puis, il y en a d’autres où je m’en fiche complètement. Où je me dis que c’est mort. Que je n’ai plus vraiment de sentiments pour lui. Que rien, quoi que je fasse, ne pourra plus jamais être comme avant. Que le mieux que j’aie à faire, c’est d’organiser ma petite vie à côté de la sienne. Sans lui. Que je sorte. Que je m’éclate. Et que, moi aussi, je me prenne un amant plutôt que de rester terrée dans mon coin.

Alyssia s’est esclaffée…
– Si c’est pas un appel du pied, ça ! Et alors, tu vas faire quoi ? Tu vas donner suite ?
– Je crois pas, non.
– Pourquoi ? Elle te plaît pas ?
– C’est pas qu’elle me plaît pas, c’est que la situation est déjà assez compliquée comme ça, non, tu trouves pas ?
Elle m’a ébouriffé les cheveux.
– Ah, tu changeras pas, toi, hein ! Tu trouveras toujours un prétexte pour te défiler devant une nana qui te fait des avances. Bon, mais on va pas revenir là-dessus. Je t’ai déjà dit cent mille fois ce que j’en pensais. En attendant, si je comprends bien, elle a pas l’intention de mettre les pieds dans le plat.
– Pas pour le moment en tout cas.
– Ben oui, elle est pas idiote. Elle le sait bien, va, tout au fond d’elle-même qu’elle a pas intérêt à lui poser un ultimatum. Et que s’il était vraiment obligé de choisir entre elle et moi… Bon, mais tu crois que tu vas t’en sortir ?
– Comment ça ?
– Entre lui qu’est pas au courant que tu complotes avec sa femme derrière son dos et elle qui sait pas que tu cautionnes allègrement ma relation avec son mari, ça va pas forcément être simple. Tu risques de te faire à tout moment des nœuds. D’autant qu’il y a aussi moi. Qui suis censée pas savoir, du moins pour le moment, que tu vas aller jouer les pompiers de service auprès d’elle.
– Je naviguerai à vue.
– Au risque de te planter…
– Mais le moyen de faire autrement ?

Benjamin a voulu qu’on se voie. Tous les deux. Rien que nous deux.
– Qu’on se concerte… Qu’on s’invente des souvenirs en commun… Qu’on se fabrique des anecdotes… Parce que je connais Séverine. Elle aura tôt fait de flairer qu’il y a anguille sous roche sinon.
On travaillait à vingt minutes l’un de l’autre. On s’est déniché un petit restaurant à mi-chemin où on s’est retrouvés le lendemain, sur le coup de midi.
Bon, mais alors elle était comment sa femme finalement ?
Il m’a sorti une photo. Qui datait d’au moins dix ans. On l’y voyait souriante, assise sur un rocher, la robe relevée haut sur les cuisses.
– Pas mal…
– Oh, pour ça, oui ! C’est pas moi qui te dirai le contraire. Seulement…
– Seulement ?
Il a levé les yeux au ciel.
– Elle est comme l’immense majorité des femmes. Coincée du cul. Et le pire, c’est qu’elle est convaincue du contraire. Sous prétexte qu’elle condescend à me tailler une pipe, du bout des lèvres, tous les tournants de lune ou qu’elle se laisse mettre un doigt dans le cul, de temps à autre, quand on baise, elle s’imagine être sexuellement libérée. Au top du top dans ce domaine. Le reste ? Ce sont, à ses yeux, pratiques de pervers dont elle ne veut pas entendre parler. Dans ces conditions, comment veux-tu que j’aille pas voir ailleurs ? N’importe qui, à ma place… Ce qui ne l’empêche pas d’avoir plein de qualités. Et puis on s’entend plutôt bien. On a, dans quantité de domaines, une même façon de voir les choses. Sans compter tout ce qu’on a vécu ensemble. De bon ou de moins bon. Tout ça nous a, au fil du temps, sanglés l’un à l’autre. Tant et si bien que je ne pourrais pas vivre sans elle. Ce n’est seulement pas envisageable. Mais, d’un autre côté, sexuellement, faut que je m’éclate. C’est impératif. Et, à cet égard, ta petite femme est un don du ciel. Une véritable bénédiction. Le cul, elle adore. Elle en veut. Elle en redemande. Et pas n’importe quoi ! De l’élaboré. Du qui sort de l’ordinaire. Elle est ouverte à tout. Ah, ça, avec elle, je suis sûr de pas m’ennuyer. Les idées que moi j’ai pas, c’est elle qui va les avoir. C’est pour ça, j’ai du mal à te comprendre, j’avoue ! Réussir à te faire claquer la porte au nez par une femme aussi demandeuse et, qui plus est, ta propre femme, faut quand même le faire. T’as dû y mettre sacrément du tien, non ? Il s’est passé quoi au juste ?
– Rien. Absolument rien. Ce qu’elle me reproche en fait, c’est de pas avoir su la faire être ce qu’elle ne savait pas qu’elle était.
– Oui. Oui. Mais il y a sûrement pas que ça.

Il m’a fait faire la connaissance – si on peut dire – de Séverine le soir même.
– Vite fait, pour la première fois. Que ça fasse pas trop insistant. On boit un coup et puis tu te casses.
Il nous a présentés.
– Alex… Le copain dont je t’ai parlé. On se connaît depuis… Hou là là… Des éternités. On s’était complètement perdus de vue. Et puis on s’est retrouvés. Par hasard. Et là, maintenant, on se quitte plus. Ah, non alors ! Des tas de trucs on va faire ensemble.
– Enchantée.
– Moi aussi.
On a parfaitement joué le jeu, elle et moi. On a été, tout du long, de parfaits inconnus l’un pour l’autre.

mardi 3 juillet 2018

Alyssia, ma femme (16)


Elle a agité la main jusqu’à ce que la voiture de Benjamin ait disparu derrière le petit bosquet.
– Bon, ben voilà…
On est lentement revenus vers l’hôtel. Le gravier crissait sous nos pieds.
– C’est rassurant quand même…
– Quoi donc ?
– Qu’il t’ait demandé de lui servir d’alibi pour sa femme. Ça prouve qu’il a pas l’intention de mettre un terme, nous deux. Au moins dans l’immédiat.
– C’est ta grande hantise, ça, hein !
– Il y a de quoi, non ? Parce que c’est le régime de la douche écossaise avec lui. Il te laisse sans nouvelles pendant des semaines et puis il réapparaît d’un coup, comme ça, sans crier gare, plus tendre et passionné que jamais. Non, j’avoue que j’ai un mal fou à le cerner. Qu’est-ce qu’il veut au juste ? Qu’est-ce qu’il ressent vraiment pour moi ? Mystère. Tiens, viens, on va aller s’asseoir un peu là-bas.
Sous la tonnelle. Sous la glycine. Elle y a joué un moment à pousser un caillou, du bout du pied, perdue dans ses pensées.
– Il y a des moments, je me dis que, si ça tombe, c’est purement stratégique tout ça. Qu’il me met sur des charbons ardents exprès. Pour me déstabiliser. Pour me rendre complètement accro. Et puis, il y a d’autres moments, je me dis que je vais chercher midi à quatorze heures, que c’est bien plus simple que ça : il est beau, il est séduisant, il a toutes les nanas qu’il veut à ses pieds. Je suis une parmi d’autres. Parmi beaucoup d’autres. Le mieux que j’aie à faire, c’est de prendre ce qu’il me donne. Quand il me le donne. Sans me poser tant de questions. Sans exiger quoi que ce soit. Sans revendiquer quoi que ce soit. Il finirait par se lasser. Et je finirais par le perdre. Non ? Tu crois pas ? Qu’est-ce t’en penses, toi ?
– Que tu l’as dans la peau.
– Oui. Non. Je sais pas en fait. J’ai besoin de lui, ça, c’est sûr. D’être dans ses bras. De caresser sa peau. D’entendre ses mots. D’avoir sa queue. Qu’elle gicle en moi. Est-ce que ça veut dire pour autant que je suis…
Elle s’est interrompue.
– Amoureuse ? C’est le mot que tu cherches ?
Elle s’est récriée.
– Non. Ça, non ! Je crois pas.
– Bien sûr que si ! Ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Tu devrais l’admettre, une bonne fois pour toutes. Tu te sentirais beaucoup mieux.
– Oui, mais…
– Mais moi ? Disons, si ça peut te rassurer, que je suis convaincu qu’on peut, sans problème, aimer deux personnes à la fois. Au moins…
– Tu es vraiment…
– Exceptionnel, je sais. Tu n’en as jamais douté, j’espère !

On était en train de s’installer pour déjeuner, à midi, quand son portable a sonné.
– Tu réponds pas ?
– Non. C’est l’autre, là, le Gauvin du quatorze juillet.
Qui a laissé un message qu’elle a écouté en soupirant.
– Il est lourd, mais lourd !
– Il veut quoi ?
– Devine !
– Et apparemment, t’en es pas.
– Pas bien, non. Pas du tout, même. C’est pas que j’aie quoi que ce soit contre lui. Il est agréable. Il baise bien. J’ai passé de bons moments avec. Mais bon… Il vient d’y avoir Benjamin. Je suis encore toute pleine de lui. Et Benjamin, c’est Benjamin. Alors Gauvin !

On a passé l’après-midi à la piscine.
– Que je rentre quand même un minimum bronzée.
Et j’ai fait mine de me plonger, tandis qu’elle somnolait, dans la lecture d’un polar-alibi.
Elle a éclaté de rire.
– T’es vraiment pas discret. Tu les bouffes carrément des yeux, les nanas, oui ! T’es pas le seul, remarque ! Parce qu’il y a en a un, là-bas, à droite.
– Qu’arrête pas de te mater… Normal. Une belle femme comme toi.
– Oui, oh, ben, en l’occurence, c’est plutôt après toi qu’il en a.
– Moi ? Il est où ?
– Le maillot vert. Sur le transat rouge. Vas-y, si tu veux, hein ! Je suis sûre qu’il y aura mèche avec lui.
– Oui, mais non. Merci. Sans façons.
– Ça vaut mieux. Parce qu’il serait pas déçu du voyage, le pauvre.
– Qu’est-ce t’en sais ?
– J’en sais que je t’ai vu à l’œuvre, pas plus tard que ce matin, avec la queue de Benjamin. Tu savais pas par quel bout la prendre, c’est le cas de le dire. On aurait dit que t’avais peur qu’elle te morde. Ou qu’elle te saute à la figure. Vous êtes trop, vous, les mecs, n’empêche, avec ça. Vous en faites toute une histoire. Pour nous reluquer ensemble, nous, les nanas, ah, ça, vous vous faites pas prier. Vous êtes les premiers à réclamer. Mais quand il s’agit de nous offrir la réciproque, il y a plus personne.

Dans le lit, elle s’est tournée. Retournée. Dix fois. Vingt fois. A fini par rallumer son Blackberry. Fait défiler les photos.
– Si seulement il avait la bonne idée d’appeler, mais faut pas rêver. À cette heure-ci, il y a pas de risque.
Elle a soupiré. L’a éteint. Continué à se retourner encore et encore.
– Rien que de penser à lui, non, mais comment il me donne envie, ce salaud !
Elle l’a repris. Fait encore défiler.
– Celle-là ! C’est celle que je préfère.
On l’y voyait en pied, tout sourire, la queue à demi dressée.
– Tiens-le moi ! Que j’aie les mains libres ! Un peu plus haut… Oui. Là. Comme ça ! Génial.
Ses mains ont moutonné sous les draps, l’une à hauteur des seins, l’autre de la chatte. Son souffle s’est fait plus court.
– Oh, oui, Benjamin ! Que c’est bon ! Que c’est bon !
Elle a rejeté draps et couvertures au pied du lit, s’est ouverte au large. Ses reins se sont creusés. Sa tête s’est affolée sur l’oreiller. Un doigt a tourbillonné sur son bouton. Son autre main l’a obstinément lissée sur toute sa longueur. Elle a imploré…
– Sa bite ! Change la photo ! Donne-moi sa bite. Vite, mais vite !
Ses yeux s’y sont rivés.
– Je vais jouir… Je jouis… Oh, Benjamin !

mardi 26 juin 2018

Alyssia, ma femme (15)


Elle nous a expédiés.
– Descendez déjeuner, les garçons ! M’attendez pas ! Je fais un brin de toilette et je vous rejoins.
Il s’est jeté sur les croissants.
– J’ai une de ces dalles !
– Et pour cause !
En a avalé trois d’affilée.
– Ah, ça va mieux.
Son portable a sonné.
– Merde ! Ma femme ! Allô, oui ? Quoi ? Mais je te l’ai dit ! Je suis avec un vieux copain. Que j’ai pas vu depuis dix ans. Que j’ai retrouvé par hasard sur Internet. Et ben, si, justement ! Si ! Il est là en face de moi. On déjeune tranquillement tous les deux. Tu veux lui parler ? Oui, oh, si ça peut te rassurer… Non ? Comme tu voudras. Hein ? Oh, je vais pas tarder. Dans l’après-midi, sûrement. Dans la soirée au plus tard. Oui, moi aussi. À tout à l’heure.
Il a raccroché. Soupiré.
– Ça sent le roussi. Mais c’est là-haut, surtout, que ça va être compliqué. Quand on va être rentrés. Parce que mes soi-disant copains, avec qui j’arrête pas d’être fourré, elle y croit manifestement de moins en moins. Non, ce qu’il faudrait, c’est que je lui en présente un. Ça la rassurerait. Seulement pour trouver quelqu’un qu’accepte de jouer le jeu…
– On va souvent chercher bien loin…
– Toi ?
– Ben oui, moi…
– J’y ai pensé. La situation ne manquerait pas de sel.
– Ça, c’est le moins qu’on puisse dire…

– La voilà !
Il lui a souri par-dessus mon épaule.
– Alors, les garçons ! De quoi on causait ? Non, attendez, dites rien ! Laissez-moi deviner. Benjamin a passé Alex à la question, je suis sûre. Vu que – j’ai beau lui assurer sur tous les tons le contraire – il se figure qu’on baise encore tous les deux. « Oh ! Au moins un petit coup comme ça, vite fait, de temps en temps, non ? » Même pas. Seulement il me croit pas. Et il a voulu entendre de la bouche du principal intéressé ce qu’il en était vraiment. Non ? C’est pas ça ? Je me trompe ?
– Complètement.
Elle s’est assise à ses côtés.
– Faut qu’il se fasse une raison n’importe comment. S’il veut baiser, il devra se résoudre à aller voir ailleurs.
Lui a posé une main sur le genou.
– Mais je crois pas qu’il y tienne vraiment au fond. Il a mieux. Beaucoup mieux. Il a le plaisir d’être cocu. C’est un plaisir qui, pour lui, éclipse tous les autres. Et de loin. Non, c’est pas vrai ce que je dis là ?
J’ai souri.
Elle a insisté. Plongé ses yeux droit dans les miens.
– Hein ? C’est pas vrai ?
– Si !
– Ça se voit. Et de plus en plus.
Elle a suivi des yeux la petite serveuse qui déambulait entre les tables avec ses plateaux.
– Elle doit se demander n’empêche ! Parce que voilà près de trois semaines qu’on fait le gentil petit couple modèle. Bien sage. Surgit Benjamin. Qui dort avec nous. Dans notre chambre. Oui, elle doit s’en poser des questions ! Eh ben, tiens ! On va lui donner des éléments de réponse.
Et elle s’est penchée sur Benjamin. Pour un long et langoureux baiser.

On est remontés dans la chambre.
– Parce que lui, il a eu ses photos, mais pas moi.
Où elle m’a tendu son Blackberry.
– À toi de jouer ! Et applique-toi, hein !
Elle l’a tendrement regardé se désaper, tout attendrie. Nous tourner le dos.
– Regarde-moi ça ! C’est tout en muscles. Tout en puissance. Comment tu veux qu’une nana, elle ait pas envie d’un mec comme ça. C’est juste pas possible. Vas-y ! Cible ! Cible ! Et acharne-toi sur les fesses. Il s’est bien gavé des miennes, lui !
Elle m’a tout juste laissé le temps de réaliser quatre ou cinq clichés et elle est venue y poser ses mains. Ses lèvres. Les a piquetées d’une multitude de petits baisers. S’est reculée d’un coup.
– Faut que je me calme. Sinon jamais tu pourras finir. Mais il perd rien pour attendre, alors là ! Comment il va y attraper après !
Elle l’a fait se retourner.
– Là. De face. D’abord en entier… Et puis après tu t’approches. De plus en plus près. Ah, mais non ! Qu’est-ce qu’il nous fait, lui ! Non, mais j’y crois pas ! Il bande. T’es vraiment pas marrant, Benjamin ! Pas encore ! Pas tout de suite ! Je te voulais à toutes les étapes, moi ! Depuis quand elle est toute flasque, toute fripée, jusqu’à quand elle se retrouve orgueilleusement en état de marche. Et au lieu de ça…
– Vous êtes trop quand même, vous, les nanas. On bande pas, ça vous va pas. Et on bande, ça vous va pas non plus.
– Question de moment. Bon, mais en attendant, il y a pas trente-six solutions.
Elle s’est agenouillée. Elle a pris ses couilles dans le creux de sa main, l’a refermée dessus, s’est penchée. Penchée encore. Plus près.
– Mais continue, Alex, hein ! Continue ! T’arrête pas !
Elle l’a pris dans sa bouche. Son bout. Qu’elle a englouti. Qu’elle a fait aller et venir entre ses lèvres.
Lui, la tête rejetée en arrière, les yeux mi-clos, il lui caressait doucement la nuque.
Elle a accéléré le rythme. Il a gémi.
– Je viens ! Je viens !
Elle l’a relâché. Abandonné. Il a protesté.
– Oh, non !
– C’est pour les photos. Que je te voie gicler. T’en mourras pas pour une fois de pas me le faire dedans.
Il s’est répandu sur ses doigts, sur ses poignets et jusque sur la moquette.
Elle lui a jeté un petit baiser dessus.
– Là ! On te laisse souffler cinq minutes et on passe aux choses sérieuses.
Le temps, pour elle, de jeter un coup d’œil aux photos qui venaient d’être faites.
– Pas mal ! Pas mal du tout ! Bon, mais allez, on y retourne !
Elle l’a repris en mains.
– Là ! Voilà ! Comme ça ! Qu’elle monte doucement ! Tout doucement ! Génial ! C’est génial ! Oh, attendez, j’ai une idée.
Elle est venue m’arracher le Blackberry des mains.
– Vas-y ! Va me remplacer ! Ben, me regarde pas avec cet air idiot ! T’as très bien compris. Va t’occuper de sa queue. J’ai trop envie de voir ça…
Je m’y suis résolu. J’ai avancé la main, l’ai effleurée, m’en suis éloigné, y suis revenu. Ai hésité…
Elle a éclaté de rire.
– Tu t’y prends comme un manche, mais vraiment comme un manche. Laisse-moi faire, va, ça vaudra mieux.

mardi 19 juin 2018

Alyssia, ma femme (14)


– Tu vas prendre cher ! M’avoir fait poireauter comme ça pendant des semaines et des semaines ! Non, mais alors là, je peux te dire que tu vas prendre cher.
Elle l’a fait reculer jusqu’au lit, l’y a poussé, fait tomber dessus.
– À nous deux !
Et elle s’est emparée, d’autorité, de la fermeture-éclair de son jean. À l’intérieur duquel elle s’est faufilée. Dont elle a triomphalement extirpé sa queue. Elle y a lancé une petite claque.
– Allez, au boulot, toi ! Foin des préliminaires et des simagrées. Ça presse !
Elle l’a enjambé, chevauché. Et elle s’est généreusement servie, sa robe remontée haut sur les reins. À un rythme endiablé que ses fesses épousaient frénétiquement, s’ouvrant, se fermant, s’ouvrant, se fermant sans interruption.
Je me suis approché, assis, tout près, sur l’oreiller, la cuisse calée contre la tête de lit. Elle a pris mes yeux. Qu’elle n’a plus lâchés.
– Que c’est bon ! Qu’elle est bonne ta queue, Benjie ! Je vais jouir ! Je jouis, mon amour ! Je jouis !
Et son plaisir a déferlé en longues plaintes furieusement rugies.
Elle s’est réfugiée contre lui. Lui a couvert les lèvres, les paupières, les yeux de baisers. A posé la tête au creux de son épaule.
– Comment c’était trop bien ! Pour toi aussi ?
J’ai posé la main sur sa hanche. Elle l’a prise dans la sienne, l’a gardée, s’est assoupie.

Quand je me suis réveillé, on était tous les trois allongés, serrés les uns contre les autres, Alyssia au milieu. Benjamin lui caressait délicatement un téton, du bout du pouce.
Elle a brusquement ouvert les yeux.
– Hein ? Mais il fait jour !
Il a ri.
– Depuis un bon moment déjà, oui.
– Et j’ai dormi. Mais fallait me secouer ! Que je profite de toi.
– Tu peux encore.
– J’espère bien. Et puis d’abord, pour commencer, tu m’as promis un truc hier soir.
– Hier soir ? Non, je t’ai rien promis du tout.
– Fais bien le malin ! Ah, je peux te dire que tu vas me la bouffer, la chatte. Et que t’as intérêt à mettre du cœur à l’ouvrage.
– Oui, mais avant…
– Quoi, avant ? Il y a pas d’avant qui tienne.
– On devait pas faire des photos tous les deux ? Pour être un peu ensemble même quand on l’est pas. Toi aussi, t’avais promis. T’avais promis que le jour où on se verrait…
– Ah, t’y tiens, toi, à ça, hein !
– Un peu que j’y tiens.
– Eh bien, attrape ton portable alors !
Il a couru le chercher dans la poche de sa veste, est revenu. A aussitôt cadré. Visé.
Elle l’a arrêté.
– Non. Attends ! Attends !
Et voulu que ce soit moi qui les prenne les photos.
– C’est mieux, non. Pour plein de raisons. Tu crois pas ?
– Et c’est moi qui suis démoniaque ? Tu peux parler, toi !
Il m’a tendu son Smartphone et je la lui ai offerte. Étendue, nue, de tout son long, les yeux perdus dans le lointain. Ou bien, au contraire, fixant l’objectif, le défiant. Elle s’est retournée. Et de dos, cette fois, lascive, alanguie, les fesses légèrement entrouvertes, une main négligemment posée sur l’une d’entre elles, les cheveux en pluie sur l’oreiller.
Benjamin a tranquillement constaté.
– Il bande…
– Encore heureux ! Je voudrais bien voir ça que je lui fasse plus aucun effet.
De plus près. De tout près. Son visage. Des moues. Des sourires. Ses yeux. Ses seins offerts. Ses seins qu’elle a pressés l’un contre l’autre.
– Et puis ce qu’il y a aussi, ce qu’il y a surtout, c’est que ça lui déplaît pas comme situation. Bien au contraire. Non ? C’est pas vrai, Alex, ce que je dis là ?
Je l’ai approuvée. D’un petit signe de tête.
– Ah, tu vois…
Sa chatte à nu. En gros plan. Photo sur photo. En rafale. Sa chatte entrebaillée sur ses ciselures. Sa chatte en efflorescences rosées. Sa chatte en vertigineuses luxuriances.
Elle s’est redressée.
– Bon, mais ça peut peut-être suffire, non ?
Il a aussitôt protesté.
– Ah, non, ça suffit pas, non ! J’ai pas ton cul. Et si j’ai pas ton cul…
Elle lui a lancé un regard attendri.
– Ça, je l’aurais parié.
Et s’est docilement tournée.
Je lui ai mitraillé les fesses. Tant et plus. Benjamin à mes côtés, qui a constaté, ravi.
– Elle a une de ces croupes, ta femme, mais une de ces croupes ! Je m’en lasse pas.
Il est allé lui murmurer quelque chose à l’oreille. Et l’a prise par la main. Il l’a fait lever, agenouiller à côté du lit, pointer le derrière en l’air.
– Plus haut ! Là… Comme ça, oui.
Il lui a écarté les jambes au large, du bout du pied.
– Superbe panorama.
M’a fait signe.
– Vas-y ! Continue… Et cible bien !
Une vingtaine de clichés. Une trentaine.
Il a tranquillement constaté.
– Elle mouille.
Sa main est allée se poser sur sa nuque. Est lentement descendue tout au long de la colonne vertébrale, s’est arrêtée à hauteur des reins, y a longuement séjourné avant de reprendre son lent cheminement. Qu’elle a interrompu à l’entrée du sillon entre les fesses.
– S’il te plaît, Benjamin, oh, s’il te plaît ! Me laisse pas, je t’en supplie !
Il s’y est engagé. L’a parcouru et reparcouru sur toute sa longueur. A un peu tournoyé à l’entrée de son petit trou de derrière. A poursuivi. Plus bas. Encore plus bas. Elle a ondulé. De plus en plus vite. De plus en plus large.
– Oui… Trémousse-le bien ton cul, petite femelle !
– Oh, oui, Benjamin, oui ! Je suis une femelle. Je suis ta femelle.
Et elle s’est dandinée de plus belle.
– Regarde ! Non, mais regarde comment elle implore la queue, cette petite foune.
– Mets-la moi, Benjamin ! Bourre-moi ! Défonce-moi ! J’ai trop envie…
Il lui a effleuré le bas de la fesse avec. Elle s’est tendue vers elle, ouverte, offerte.
– Viens, s’il te plaît, viens !
Il s’est approché de l’entrée, a fait mine de s’y aventurer, s’est éloigné.
– Oh, non ! Salaud ! Tu me fais mourir.
Il s’est enfoncé d’un coup.
– Merci. Oh, merci.
Avec un grand râle de ravissement.
Et il l’a besognée. À grands coups de reins. Profonds. Énergiques.
Ils ont eu ensemble un plaisir qu’ils ont longtemps psalmodié.